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 La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares

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Claudine
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MessageSujet: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Jeu 12 Juil - 14:40

La Cour suprême libyenne confirme la peine capitale pour les six accusés. Leur sort est désormais entre les mains du Conseil juridique suprême, qui se réunira lundi.


La Cour suprême libyenne a confirmé, mercredi 11 juillet, les peines de mort pour les cinq infirmières et le médecin bulgare en Libye, condamnés pour avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, deuxième ville de Libye, dont 56 sont décédés. Le jugement a été rendu en l'absence des six coaccusés.
Toutefois, le verdict rendu par le juge Fathi Dahan n'est pas définitif.

Réunion décisive lundi

Le Conseil juridique suprême de Libye, qui est dirigé par le ministre de la Justice, peut approuver ou rejeter les condamnations ou encore infliger une peine moins lourde. Le "Conseil supérieur des instances judiciaires va se réunir lundi et il revient à cette instance d'annuler ou de commuer le verdict prononcé aujourd'hui par la cour suprême", a déclaré à la presse le minsitre libyen des affaires étrangères, Abdel Rahmene Chalgham. En cas de commutation de la peine capitale en peines de prison, le dossier sera transmis au ministère libyen des Affaires étrangères pour négocier avec Sofia le transfert des détenus en Bulgarie, Tripoli et Sofia étant liées par un accord d'extradition, a-t-il précisé.

Sofia n'a pas eu confirmation de l'accord

Mardi, l'espoir d'une libération des infirmières et du médecin était apparu après l'annonce par la Fondation Kadhafi d'un accord avec les familles des enfants contaminés par le virus du sida. "Cet accord est acceptable pour toutes les parties et mettra fin à la crise", avait affirmé un porte-parole de la fondation. Lors de l'énoncé de son verdict, le juge Fathi Dahan n'a fait aucune allusion à cet accord.
Les autorités bulgares ont par ailleurs indiqué que ledit accord n'avait pas été confirmé. "La Bulgarie n'a pas de confirmation officielle qu'un tel accord soit obtenu", a déclaré le vice-ministre bulgare des Affaires étrangères Feim Tchaouchev.

Condamnés à mort deux fois

Les six soignants, qui ont toujours clamé leur innocence, ont été condamnés à la peine capitale à deux reprises (en 2004 et en décembre dernier), un tribunal de Tripoli les ayant chaque fois reconnus coupables d'avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants libyens. Et ce malgré les témoignages et les preuves médicales montrant que le VIH sévissait à l'hôpital de Benghazi avant même l'arrivée des infirmières bulgares en 1998.
Pour Sofia, ses ressortissantes servent en fait de boucs émissaires aux autorités libyennes pour masquer les conditions d'hygiène déplorables qui régnaient dans l'établissement lors des contaminations. La Libye avait déjà tenté de conclure avec un accord avec la Bulgarie en vertu duquel le gouvernement bulgare paierait une somme de compensation aux victimes. Mais Sofia avait refusé, expliquant qu'un tel accord reviendrait à reconnaître la culpabilité des infirmières.

Pression sur la Libye

Depuis le début de la crise, la communauté internationale fait pression sur la Libye pour qu'elle libère les six soignants. Cette affaire a notamment empêché les tentatives de Tripoli de renouer des liens diplomatiques avec les Etats-Unis et l'Union européenne.
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj, sont détenus depuis 1999.

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Claudine
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MessageSujet: Re: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Jeu 12 Juil - 14:45

Infirmières bulgares : un si long cauchemar

L'Union européenne et la Bulgarie ont intensifié les tractations financières avec Tripoli pour obtenir la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés à tort d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens


Tous les jeudis, le docteur Gueorguiev Zdravkov quitte le studio qu'il occupe à l'ambassade de Bulgarie à Tripoli et se rend en banlieue à la prison de Jdeida pour y voir, pendant une heure seulement, son épouse Kristiana. C'est là, derrière de hauts murs hérissés de barbelés, que croupissent depuis huit ans les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés à mort par la justice libyenne. Egalement soupçonné d'avoir inoculé à dessein le virus du sida à plusieurs centaines d'enfants, Gueorguiev Zdravkov, 58 ans, ancien pédiatre, s'en est miraculeusement tiré avec cinq ans de réclusion pour un présumé trafic de devises. Bien que libéré depuis mai 2004, il n'a pas le droit de quitter la Libye. Le médecin s'occupe en faisant des achats pour les infirmières et pour son confrère palestinien: «Lui, je ne peux pas le voir. Son ambassade lui remet mes courses. Mais je sais qu'il va aussi mal qu'elles. Toutes sont malades. Nerveuses, déprimées, tourmentées. Aucune ne s'est remise des tortures subies. En plus de douleurs musculaires ou liées à des fractures non réduites, elles souffrent de problèmes dentaires et ne dorment plus.»

La dernière visite de leurs familles remonte à janvier dernier. Le coût du voyage limite la venue de ces Bulgares d'origine modeste qui attendent le retour d'une épouse, d'une soeur, d'une mère partie en Libye pour mieux gagner leur vie. Souvent interdites de téléphone, les infirmières détenues n'ont pour seule ouverture sur l'extérieur qu'une télévision branchée sur un satellite fourni par leur ambassade et le passage hebdomadaire du mari de Kristiana, lui aussi très abattu. «Pas un instant, soupire-t-il, je ne peux oublier qu'on nous a abandonnés.» Par pudeur, le docteur Zdravkov se garde de dire ce que tient à nous faire savoir, à Sofia, un proche d'une des détenues: «Leur cohabitation est des plus tendues. Elles ne se connaissaient pas avant d'être contraintes de vivre les unes sur les autres entre deux cellules et une cuisine. Elles se jalousent. Les conflits sont incessants.»


Tour à tour confiants, désespérés, ulcérés, accablés, les prisonniers ne croient plus en la diplomatie. Même aujourd'hui où leur calvaire semble pouvoir s'achever. Tous ont compris que leur sort restait très secondaire en regard des réserves en hydrocarbures libyennes: les plus importantes d'Afrique. L'ex-«Etat-voyou» du colonel Muammar Kadhafi, redevenu fréquentable en 2004 après plus de vingt ans d'isolement, a besoin de savoir-faire en matière de forage pétrolier, de construction, de matériel militaire. Des marchés sur lesquels régnent les Etats-Unis mais que se disputent aussi le Royaume-Uni, l'ltalie, la France et l'Allemagne, qui s'activent aujourd'hui à régler au plus vite l'épineux dossier des soignants. «Mais pour préserver les intérêts à venir, leurs émissaires ne peuvent frapper trop fort du poing sur la table», note Luis Martinez«The Libyan Paradox», Editions C. Hurst, Londres, 2006., spécialiste de la Libye et directeur de recherches au Centre d'Etudes et de Recherches internationales (Ceri)

L'entrée de la Bulgarie dans l'Union européenne et le devoir pour Bruxelles d'obtenir leur libération n'ont pas suffi à redonner espoir aux infirmières et au médecin, une fois de plus accablés par la confirmation, le 20 juin dernier, des peines de mort prononcées en 2004. Paradoxalement, ce jugement signifie que l'affaire évolue dans le bon sens. Le colonel Kadhafi tient à épuiser toute la procédure judiciaire pour sauver la face jusqu'au dernier recours: le Haut Conseil judiciaire, investi du droit de grâce et de commutation des peines. La prochaine audience, prévue pour le 11 juillet, devrait bénéficier aux intéressés si, d'ici là, aboutissent les pourparlers entrepris auprès de l'UE par le fils du Guide suprême de la Révolution, Seifal-Islam («le sabre de l'islam» en arabe), en vue de décrocher les compensations financières exigées par les familles des enfants contaminés. Une fois satisfaites, celles-ci renonceraient à réclamer l'exécution d'innocents qu'une justice aux ordres accuse d'avoir «empoisonné» 439 enfants et tué 57 «martyrs». «Le colonel Kadhafi cherche à se débarrasser de ce fardeau, dit un proche du dossier. Le problème est qu'il s'est enfermé depuis huit ans dans un mensonge. L'Europe est prête à l'aider à s'en sortir la tête haute mais pas à n'importe quel prix.»

Pendant que son fils négocie avec ses nouveaux alliés, le Guide doit s'atteler à une tâche autrement délicate: convaincre son peuple d'accorder sa clémence aux soignants, et cela sans reconnaître qu'il l'a trompé. Pour comprendre pourquoi, il faut revenir au contexte politique et social qui présidait en Libye quand tout a commencé, en août 1998. Cet été-là, à Benghazi, deuxième agglomération du pays, un jeune garçon est transfusé à l'hôpital pédiatrique Al-Fatah. Puis testé positif au virus du sida. Très vite, une rumeur court: d'autres enfants seraient touchés. On parle de problèmes d'hygiène à l'hôpital. Autorités locales et pouvoir central sont pointés du doigt. Un dépistage à grande échelle est organisé. Plus de 400 anciens petits patients de l'hôpital sont déclarés séropositifs. La colère sourd dans cette jolie ville côtière du Nord, traditionnellement rebelle et fief de l'opposition islamiste.

«Le pays est alors appauvri par l'embargo international, poursuit Luis Martinez. Un temps anéantis, les mouvements islamistes se sont reconstitués et s'autorisent à critiquer ouvertement le régime. Des tracts dénonçant son incapacité à protéger la population commencent à circuler...» Le Guide essuie dans le même temps les attaques de son aile dure et des comités révolutionnaires, base de l'organisation politique libyenne, qui lui reprochent de favoriser la dégradation des moeurs en tolérant la présence de prostituées étrangères et la consommation clandestine d'alcool. Luis Martinez: «Kadhafi va utiliser l'arrestation des soignants pour cristalliser sur eux la colère de ses détracteurs, attribuer l'épidémie du sida à la présence d'étrangers et imputer tous ses déboires intérieurs au blocus occidental.» Le 9 février 1999, vingt-trois infirmières et médecins étrangers sont interpellés dans divers hôpitaux de Benghazi. La plupart sont vite relâchés. Restent détenus un jeune interne palestinien, Ashraf al-Hadjudj, et cinq infirmières bulgares: Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valentina Siropoulo, Valia Tcherveniachka et Snejana Dimitrova. Toutes arrivées en Libye dans le cadre d'un programme de coopération instauré au temps du bloc soviétique avec les «pays frères». En 1998,7 800 Bulgares vivaient là-bas - contre 800 aujourd'hui, sur les 2 millions de travailleurs étrangers que compte ce pays de... 5,6 millions d'âmes.

Installé avec Kristiana depuis huit ans en Libye, le docteur Gueorguiev Zdravkov est médecin du travail dans le désert pour un consortium sud-coréen de forage aquifère. Il est averti par un ami de la disparition de son épouse. Fou d'inquiétude, il se précipite à Benghazi et apprend par la police que Kristiana aurait sciemment infecté des enfants avec le virus du sida. Le docteur Zdravkov alerte ses relations sur place. On l'arrête.

En Bulgarie, les proches des infirmières n'ont plus de nouvelles. Le téléphone coûtant trop cher pour ces familles d'ouvriers et de petits employés, on préfère s'écrire. «Ma mère a été interpellée deux mois après son dernier courrier, nous dit, à Sofia, le fils de Snejana Dimitrova, Ivaïlo Nikoltchovski, 34 ans, chômeur. Mais mon père et moi ne l'avons appris que cinq mois plus tard et par la presse.» Divorcée, la mère de Kristiana, Zorka Yanatchkova, aide ménagère, élève seule son petit-fils. Depuis son départ en 1991, Kristiana, payée 400 euros par mois en Libye (cinq fois plus qu'en Bulgarie), ne lui envoie quasiment pas d'argent. Les deux femmes sont en froid. Zorka attendra une année pour s'alarmer. «Nous sommes de petites gens, s'excuse-t-elle. Obnubilés par nos problèmes quotidiens.» Tsvetanka Siropoulo, 50 ans, vendeuse, et belle-soeur deValentina, habite la ville de Pazardjhik, au sud de Sofia. Elle se souvient de longs mois d'angoisse, de l'absence de réponse de la mairie à ses requêtes, du regard réprobateur des voisins.

«La mobilisation politique a débuté trop tard, admet du bout des lèvres Guinio Ganev, 78 ans, médiateur de la République. La voie choisie était celle de la diplomatie silencieuse.» Maria Cappone, 38 ans, député indépendant de la ville de Plovdiv et ancien euro-observateur au Parlement de Strasbourg, a une autre vision des choses: «Au début, ni le gouvernement ni les médias n'ont mis en doute les accusations pourtant grotesques des Libyens. Le Premier ministre de l'époque, Ivan Kostov, a ma ne déclaré que cette affaire le rendait perplexe. H faut savoir aussi que les deux pays s'opposaient à propos d'une dette libyenne de plusieurs milliards d'euros encore impayée aujourd'hui.»

Les tergiversations des Bulgares vont laisser aux policiers de Benghazi tout le temps d'affiner leur scénario. Kristiana Valtcheva est bombardée suspect numéro un. C'est elle qui aurait fourni le sang contaminé à ses «complices» et qui leur aurait demandé, contre rémunération, de l'injecter à leurs petits patients. Dans quel but? Selon le chef de l'enquête, le colonel Jumaa al-Mishri, Kristiana, qui aurait «avoué», agissait avec son «amant», le docteur Hadjudj, pour le compte du Mossad et de la CIA: les services secrets israéliens et américains espéraient ainsi exterminer la population libyenne... Mais pourquoi Kristiana fait-elle figure de meneuse? «Mon épouse est une femme élégante et forte, dit le docteur Zdravkov. A travers elle, on me visait. On ne supporte pas, ici, que les étrangers réussissent mieux que les Libyens.»

Début 2001, une expertise sanitaire de l'hôpital Al-Fatah est commandée par la Libye au professeur Luc Montagnier, codécouvreur du virus du sida, et à son homologue italien, le docteur Vittorio Colizzi. Leur rapport est accablant: le personnel cumule fautes d'hygiène et laisser-aller. Une deuxième expertise confirme la première. L'épidémie résulte de fautes graves. En raison du manque de matériel de soin dû à l'embargo, seringues et aiguilles jetables mal stérilisées sont réutilisées, des flacons de plasma formatés pour des adultes partagés avec les mêmes tubulures entre plusieurs enfants. «Ce type de catastrophe sanitaire était déjà connu, nous explique Luc Montagnier. Il y en a eu en URSS, au Kazakhstan, et en Roumanie, où, à la fin des années 1980, 9 000 enfants furent contaminés.»

En juin 2001, seize mois après les arrestations, les proches des infirmières sont enfin autorisés à se rendre à Tripoli. «Nous avons découvert qu'elles avaient été torturées, explique Zorka Yanatchkova. Battues, électrocutées, droguées et, pour certaines, mordues par des chiens. Ma fille Kristiana a été attachée nue, jambes et bras en croix sur un lit, des électrodes posées sur ses parties intimes.» Quand on demande à Zorka si les infirmières ont subi des sévices sexuels, elle répond: «Kristiana m'a seulement dit: «Dans l'état où nous étions, ils pouvaient faire n'importe quoi»» Les familles sont retournées depuis tous les ans en Libye, à leurs frais. Pour elles et pour leurs parentes détenues, rien n'a changé en huit ans.

Pendant ce temps, le colonel Kadhafi s'est réconcilié avec l'Occident. En 1999, il a accepté de livrer au Royaume-Uni le responsable de l'attentat perpétré en 1988 contre un Boeing de la Pan Am, à Lockerbie, en Ecosse (270 morts). Après de longues tractations, il a fini par indemniser les familles des victimes. Puis celles des 170 morts de l'attentat du DC 10 d'UTA, en 1989, au Niger, également imputé à la Libye. Après les attaques du 11 septembre 2001, le raïs a assuré George Bush de son soutien dans la lutte contre le terrorisme. En contrepartie, des islamistes libyens réfugiés à Londres lui ont été renvoyés. Ensuite, tout est allé très vite. «L'invasion de l'Irak a déstabilisé Kadhafi, dit encore Luis Martinez. Il a eu peur de subir le sort de Saddam Hussein. Alors, il a baissé les bras. Eu renonçant en 2003 aux armes chimiques et au nucléaire, la Libye a réintégré le giron international.»
Reste à régler le dernier contentieux: le sort des soignants. L'épidémie de sida a accentué l'hostilité des habitants de Benghazi à l'égard du régime, mais, depuis que se profile un accord, la très active et virulente association des familles des enfants infectés par le sida se fait plus discrète. «Nous acceptons l'atténuation de la peine, nous déclare son porte-parole, Ramadan al-Fitouri, 37 ans. Mais les criminels doivent finir leurs jours en prison.»

Al-Fitouri, dont la petite soeur est morte du sida à 4 ans en 2001, a l'habitude de recevoir les journalistes. Le parcours est rodé. D'abord, l'hôpital Al-Fatha, qui, rénové avec des fonds européens, n'a plus rien à voir avec son état antérieur, ensuite le centre de soins des séropositifs, également modernisé, et, pour finir, une visite aux familles touchées. Poignante. Amira, 18 ans, a dû changer d'école. Elle n'a pas d'amies. «Je ne peux pardonner, dit-elle. Dans notre religion, qui tue doit être tué.» Masaoud, 23 ans, rumine aussi son malheur: «Je n'ai pas le droit de penser aux filles. Je ne rois que l'obscurité devant moi.»

La Libye réclame 10 millions de dollars par victime - soit la somme qu'elle a versée pour chaque passager du vol de Lockerbie. Beaucoup trop pour Bruxelles. Et qui paiera la facture? La Bulgarie? «Notre position, répond Guinio Ganev, le médiateur de la République, est que les infirmières sont innocentes et qu'il n'est pas question d'acheter leur liberté.» Sofia accepterait juste d'annuler la dette de la Libye, estimée à 400 milliards d'euros. L'Union européenne refuse également de s'acquitter du prix d'un mensonge. Elle s'engage seulement à continuer de traiter gratuitement les enfants et à aider la Libye à combattre le sida. «Le gros des fonds, d'origine internationale, proviendra d'un cheminement qui doit rester secret, confie un proche du dossier. De manière à ne pas inquiéter le contribuable européen tout en laissant croire aux familles des victimes que c'est bien VUE qui a réglé l'addition.» Si celles-ci acceptent ce qui leur sera octroyé, le dénouement pourrait intervenir après l'audience du 11 juillet. Une fois leur peine atténuée, les soignants seraient remis à la Bulgarie - y compris le docteur Hadjudj, récemment naturalisé par ce pays.
A Sofia, Marian, 32 ans, fils du docteur Zdravkov, n'ose y croire: «Comment avoir confiance? On nous a fait tant de promesses non tenues!» Tout en rêvant de serrer Kristiana dans ses bras, Zorka, traduit, elle, ses doutes avec ces mots d'arabe appris en Libye: «Boucra, Inch'Allah!» Demain, si Dieu le veut. Un film sur l'affaire serait en projet à Hollywood.

Pour ce journal libyen, «l'esprit du diable animait le complot qui a conduit, non seulement à tuer des enfants, mais aussi à détruire leurs familles et leurs proches». Et plus bas: «Le crime des crimes montre la sauvagerie du siècle et la duplicité des comploteurs.»

Huit ans d'angoisse

• Février 1999. Arrestation
des soignants.
• Mai 2004. Condamnation à mort.
• Décembre 2005. Annulation
du jugement.
• Décembre 2006. La Cour suprême confirme en appel le verdict.
• Juin 2007. Confirmation de la sentence avec mise en délibéré




Sylvie Véran
Le Nouvel Observateur

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MessageSujet: Re: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Ven 13 Juil - 12:16

L'Elysée se déclare "optimiste" pour les infirmière bulgares

NOUVELOBS.COM | 13.07.2007 | 08:58


Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant table sur une issue positive. Il revient de Tripoli où, accompagné de Cécilia Sarkozy, il a rencontré les condamnées et le président Kadhafi.

On "peut être raisonnablement optimiste" sur une issue positive pour les infirmières et le médecin bulgares, condamnés à mort en Libye, a déclaré, vendredi 13 juillet, à l'AFP, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, rentré dans la nuit de Tripoli avec Cécilia Sarkozy.

Plus tôt, les infirmières et le médecin se sont dits été "rassurés" par la visite, jeudi, de l'épouse du président français Nicolas Sarkozy car ceci démontre "une dynamique positive" et indique que "des engagements ont été pris", a assuré à l'AFP l'un de leurs avocats.

"Garanties"
Si Cécilia Sarkozy "les rencontre aujourd'hui ça veut dire qu'elle a obtenu des garanties et que des engagements ont été pris", a affirmé Me Emmanuel Altit.
Cette visite surprise, au cours de laquelle Cécilia Sarkozy a rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, "a dû être précédée de discussions et d'engagements réciproques et montre que l'on est sur une voie positive, dans une dynamique positive", a-t-il estimé.
Les infirmières et le médecin bulgares "sont rassurés car ils ont vu à quel point la diplomatie occidentale, et particulièrement la diplomatie française, était engagée", a-t-il ajouté. Ils pensent qu'il "faut trouver une solution le plus rapidement possible", a-t-il poursuivi.
"C'est une excellente chose d'avoir une diplomatie active et volontaire qui veut régler des problèmes qui semblaient insurmontables jusqu'ici", a ajouté Me Altit.

Vers une solution humanitaire ?
La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner s'est dite jeudi "prudemment optimiste" d'arriver à "une solution humanitaire" pour les cinq infirmières et le médecin bulgares, accusés d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants. Leur peine de mort a été confirmée mercredi par Tripoli.
Toutefois, un accord a été annoncé mardi soir à Tripoli entre les familles des victimes et le fonds spécial d'aide aux victimes créé en 2005 par Tripoli et Sofia, et pourrait ouvrir la voie à un retour des six condamnées en Bulgarie.
Les termes du compromis devraient être annoncés dans les prochains jours, a précisé la Fondation du fils du Mouammar Kadhafi.
Une source proche du dossier a affirmé jeudi à l'AFP que les familles auraient "obtenues un million de dollars chacune, soit quelque 400 millions de dollars au total" contre 13 millions de dollars par famille réclamés au départ.
Les familles des enfants libyens contaminés par le sida, ont affirmé jeudi ne pas être opposées à la libération des infirmières et du médecin bulgares, obéissant ainsi "au principe du pardon prôné par l'islam".
(AFP)

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MessageSujet: Re: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Sam 14 Juil - 12:41

Les infirmières bulgares valent 400 millions de dollars


Alors que la justice pourrait commuer lundi les condamnations à mort des infirmières bulgares, les familles des enfants atteints du sida devraient toucher des indemnités d'un montant de 400 millions de dollars.


DES SIGNES encourageants sont apparus dans l'affaire des infirmières bulgares avec la conclusion en début de semaine d'un accord financier entre les familles des enfants infectés par le virus du sida et la Fondation Kadhafi, dirigée par Seif al-Islam Kadhafi, le fils du guide libyen. Le protocole de la conciliation devrait être présenté lundi au Conseil supérieur des instances judiciaires. Celui-ci pourrait décider de commuer les condamnations à mort en peines de détention à perpétuité. Organe politique dépendant directement du ministre de la Justice, cette instance a le pouvoir de modifier le verdict de la Cour suprême ou même de l'annuler. Autrement dit, le sort des infirmières bulgares est plus que jamais entre les mains de Kadhafi.


Le couronnement de ce scénario heureux serait le transfert des prisonniers dans leur pays d'origine, où ils pourraient accomplir leurs peines, la Libye et la Bulgarie étant liées par un accord d'extradition. « On ne peut que se féliciter du rôle positif joué par la Fondation Kadhafi, mais le cauchemar ne prendra fin que le jour où les condamnés toucheront le sol européen », indique Me Emmanuel Altit.


Le compromis financier négocié par la Fondation Khadafi porterait, selon nos informations, sur un montant d'environ 1 million de dollars par famille de victimes, soit un total de 400 millions de dollars. Ce dédommagement ouvre la voie, selon les coutumes locales, au pardon des personnes lésées. Il est alors considéré comme le prix du préjudice. Les familles peuvent alors renoncer à la mise à mort.


Le temps presse


Seif al-Islam Kadhafi confirme que les parties contractantes de l'accord sont les représentants des familles et le gouvernement. « Les indemnités sont financées par des contributions internationales sous forme de remises de dettes. Les pays concernés sont la Bulgarie, la Slovaquie ainsi que la Croatie et la République tchèque », affirme Seif al-Islam. « En revanche nous n'avons pas pour le moment d'accord avec l'Union européenne », ajoute-t-il.


Selon le président de la fondation Kadhafi, « le règlement du dossier est seulement à son début ». « Nous cherchons à étendre l'accord bilatéral entre l'Union européenne et la Libye à l'ensemble de l'Afrique. L'aide de Bruxelles pour lutter contre la pandémie ne doit pas se limiter à notre pays mais s'étendre au continent par notre intermédiaire », explique-t-il. Des propos qui laissent à penser que l'affaire est encore loin de son dénouement alors que, rappellent les avocats de la défense, le temps presse.


Épuisées par une épreuve dont elles ne voient pas la fin, les infirmières bulgares vivent de plus en plus mal leur séjour en prison. « Il faut imaginer leur état d'esprit après la dernière étape judiciaire. Les prisonnières sont convaincues qu'elles sont perdues si une issue n'est pas trouvée rapidement. L'idéal serait qu'elles soient transférées en Europe après une commutation de leurs peines pour des raisons de santé », insiste Me Emmanuel Altit.


La visite surprise de Cécilia Sarkozy en Libye a focalisé l'attention en France sur le sort des infirmières bulgares. « On peut être raisonnablement optimiste » sur une issue positive pour les six condamnés à mort, a assuré hier Claude Guéant, le secrétaire de l'Élysée, qui a accompagné la première dame de France dans son périple marqué par une rencontre avec les prisonnières. « Il nous a semblé que les arguments qui ont été développés auprès du colonel Kadhafi finissaient par porter », a déclaré Claude Guéant au lendemain de l'entrevue des deux émissaires français avec le guide de la révolution, le colonel Mouammar Kadhafi. « Ce n'est pas encore acquis », a-t-il toutefois nuancé.


« Cette visite est une excellente initiative. Elle montre que nous sommes entrés dans une dynamique positive. Elle prouve que l'Union européenne et plus particulièrement la diplomatie française est active », commente, de son côté, Emmanuel Altit, l'avocat français des infirmières. « Le déplacement de Cécilia Sarkozy marque une étape. Des gestes symboliques donc politiques sont accomplis. Cela doit permettre d'accélérer le processus vertueux qui s'est engagé en marge de la confirmation des peines de mort », poursuit-il.


Interrogé sur l'effet de la visite de Cécilia Sarkozy, Seif al-Islam a sobrement répondu qu'il n'en avait « aucune idée ». Les responsables européens en charge du dossier auraient été, quant à eux, agacés de ne pas avoir été informés à l'avance de la démarche française. Parlant sous couvert d'anonymat à l'agence Reuters, l'un d'eux soupçonne la France de « vouloir tirer la couverture à elle, à la dernière minute ».

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MessageSujet: Re: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Mer 18 Juil - 12:18

La peine de mort des infirmières bulgares commuée en prison à vie

La plus haute instance judiciaire libyenne a décidé mardi, en dernière instance, de commuer en peine de prison à perpétuité la peine de mort infligée à cinq infirmières et un médecin bulgares, selon une source officielle. Cette décision intervient après un accord avec les familles des enfants libyens contaminés par le virus du sida. (AFP)

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MessageSujet: Re: La peine de mort est confirmée pour les infirmières bulgares   Mar 24 Juil - 15:22

Libérées par la Libye, les infirmières bulgares sont rentrées à Sofia

SOFIA (AFP) 24/07/2007 11:58


Les cinq infirmières et le médecin bulgares emprisonnés pendant huit ans en Libye où ils avaient été accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants sont arrivés mardi à Sofia après leur libération, intervenue quelques heures plus tôt.

Les six praticiens, transportés à bord d'un avion du gouvernement français, étaient notamment accompagnés de l'épouse du président français Nicolas Sarkozy, Cécilia, et de la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner.

L'annonce du retour en Bulgarie des infirmières et du médecin, qui ont toujours clamé leur innocence, avait été faite simultanément à Sofia et à Paris mardi à l'aube.

Sur le tarmac de l'aéroport, les six Bulgares libérés sont tombés dans les bras de leurs proches.

"Je n'ai vécu que pour ce moment", s'est exclamée, les larmes aux yeux, l'infirmière Snejana Dimitrova, âgée de 54 ans, en présence de son fils Ivaïlo et de sa fille Paulina.

A côté d'elle, Valentina Siropoulo, 48 ans, retrouvait son fils, collégien à son départ en Libye dans les années 1990 et désormais étudiant à l'université.

"Je suis en Bulgarie, la grande Bulgarie !", s'enflammait, pour sa part, le médecin d'origine palestinienne Achraf Joumaa Hajouj, récemment naturalisé bulgare.

En guise de cadeau de bienvenue, le président de la république Guéorgui Parvanov les a tous graciés, pour qu'ils puissent revenir libres sur le sol bulgare.

Les cinq infirmières arrivées en Libye dans les années 1990, après la fin du communisme en Bulgarie, espérant mieux y gagner leur vie que dans leur pays, et le médecin, venu pour un stage, avaient été accusés d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants libyens dont 56 sont décédés. Ils avaient en conséquence été condamnés à mort, une peine finalement commuée en peine de prison à vie, ce qui a permis leur extradition.

Leur libération ouvre désormais la voie à un renforcement des relations entre l'Union européenne et la Libye, ont fait savoir à l'unisson mardi des responsables européens de premier plan.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a ainsi annoncé s'être engagé auprès du numéro un libyen Mouammar Kadhafi à travailler à une normalisation des relations entre Bruxelles et Tripoli.

"L'affaire a été réglée. Nous avons reçu des garanties pour la normalisation des relations avec les pays européens et pour un accord de partenariat avec l'Union européenne", s'est, pour sa part, félicité un responsable gouvernemental libyen qui a requis l'anonymat.

Tripoli a en outre obtenu des garanties pour le traitement des enfants et pour la réhabilitation de l'hôpital de Benghazi (nord) où des enfants libyens ont été contaminés par le virus du sida.

Quant au président français Nicolas Sarkozy, il a annoncé mardi qu'il effectuerait mercredi un "déplacement politique" en Libye pour aider ce pays "à réintégrer le concert des nations". Il a par ailleurs affirmé que "ni l'Europe ni la France" n'avaient "versé la moindre contribution financière à la Libye" pour obtenir la libération des Bulgares.

Le chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, a, à ce sujet, fait une sorte de mise au point, affirmant que l'UE et Paris avaient contribué aux compensations financières accordées par le Fonds spécial de Benghazi d'aide aux familles des enfants libyens contaminés par le sida.

"Tout le monde a payé le Fonds, y compris l'Union européenne et la France. Ils ont couvert les sommes versées aux familles et même plus", a-t-il déclaré à Tripoli.

De son côté, le chef de l'Etat bulgare Guéorgui Parvanov s'est félicité du "rôle actif de nos partenaires européens" et en particulier de M. Sarkozy, attendu en Bulgarie en septembre, de M. Barroso et de Mme Benita Ferrero-Waldner. Il a également remercié Cécilia Sarkozy "pour son engagement personnel".

Le réseau "Sortir du Nucléaire", une fédération d'associations, a, lui, accusé Nicolas Sarkozy de se livrer à "un troc nucléaire" en proposant à Mouammar Kadhafi "de la technologie nucléaire en échange des infirmières bulgares".

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